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Le paysage numérique et social en Chine est un écosystème rigoureusement censuré, interdisant et retirant avec véhémence tout contenu qui ne s’aligne pas sur les politiques gouvernementales.
Cette censure intense et les lois locales sur la régulation des données sont parmi les raisons pour lesquelles les plateformes de réseaux sociaux occidentales telles que Facebook et Instagram n’ont jamais pu s’implanter sur ce marché.
Meta et son ambition en Chine
Cependant, Meta, la société mère de Facebook, aurait manifesté un vif intérêt pour entrer sur le marché chinois. Cette ambition était si prononcée que Meta aurait été prête à partager des données utilisateurs avec le gouvernement chinois et à créer un filtre de censure complexe.
Ces révélations ont émergé d’une plainte déposée par un lanceur d’alerte de Meta, contenant des documents internes examinés par The Washington Post.
La plainte contre Meta
Déposée devant la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis par Sarah Wynn-Williams, l’ancienne Directrice de la politique publique chez Facebook, la plainte de 78 pages révèle que le géant des réseaux sociaux avait conçu un système de censure favorable à la Chine dans l’espoir de lancer Facebook dans le pays.
Qu’est-ce que le projet Aldrin ?
Selon The Washington Post, la société dirigée par Mark Zuckerberg avait également prévu d’installer un “rédacteur en chef” qui déciderait quel contenu supprimer et pourrait fermer le site entier en période de trouble social.
Une équipe dédiée avait été mise en place pour ses opérations en Chine, dans le cadre d’un projet interne nommé “Aldrin”.
Répression de la dissidence
Mais plus qu’un simple système de censure, Meta aurait également été prête à étouffer la dissidence contre le gouvernement. “Le directeur général de Meta, Mark Zuckerberg, aurait accepté de supprimer le compte d’un dissident chinois de premier plan vivant aux États-Unis, à la suite de pressions exercées par un haut responsable chinois que l’entreprise espérait voir l’aider à entrer en Chine”, précise le rapport citant la plainte.
Données et confidentialité
De plus, l’entreprise aurait même été prête à assouplir ses règles de confidentialité et à accorder au gouvernement chinois l’accès aux données concernant les utilisateurs basés en Chine et à Hong Kong.
Les plans ont été mis en branle en 2014, mais ont finalement été abandonnés en 2019 lorsque les relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine se sont tendues.
Google et la censure en Chine
Meta n’était pas la seule société avec de telles ambitions. En 2018, Google travaillait sur une version censurée de son moteur de recherche sous le nom de code “Project Dragonfly”, mais ces plans ont également été mis de côté.
En 2025, l’intelligence artificielle est devenue le nouveau terrain de chasse technologique, et le spectre de la censure chinoise est clairement visible sur des produits comme le modèle open-source IA DeepSeek.
En conclusion, l’intérêt des grandes entreprises technologiques pour le marché chinois soulève des questions importantes sur la censure et l’éthique des pratiques commerciales lorsqu’il s’agit de pénétrer des marchés sensibles.
